Récit de la course : SaintéLyon 2019, par johan laurent

L'auteur : johan laurent

La course : SaintéLyon

Date : 30/11/2019

Lieu : St étienne (Loire)

Affichage : 671 vues

Distance : 76km

Matos : hoka one one Speedgoat 3

Objectif : Terminer

3 commentaires

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Enfin la Saintélyon

J'arrive enfin en haut de cette dernière butte et j'apercois le musée des confluences. J'ai les larmes aux yeux et repense à toutes ces années d'entraînements pour en arriver là. Je pense aux heures d'entraînements, la nuit, le jour, dans le froid, la pluie, la boue... ah la boue, je crois que je changerai ma facon de la percevoire à l'entraînement dorénavent. J'ai re-appris à sauter les pieds joints dans les marres et à en avoir rien à faire. Moi qui me disait que rien ne me ferait peur... qui pensait qu'à Remscheid dans cette belle pette ville perdue d'Allemagne les conditions sont 10 fois pire que pendant la Saintélyon.... ah ah ah ah... et bah non cette saintélyon est de loin le pire course (au sens des conditions) que j'ai connue et je n'ai jamais courru dans des conditions similaires auparavant.

Mais revenons là où tout a commencé... c'était il y a 2 ans aprés le marathon de Möndchengladbach lorsque je venais enfin de passer assez largement sous les 4 heures et où les ultras me démangaient les doigts de pieds... enfin non c'était plutôt il y a 30 ans où j'avais entendu pour la première fois que des fous furieux courraient de nuit entre Saint Etienne et Lyon... des malades les mecs, pensais-je alors.

Et puis j'ai commencé la course à pied sérieusement il y a un peu plus de 15 ans, enchainant les marathons moyens années après années... et depuis 3 ans la course à pied est devenue pour moi un peu plus importante et la Saintélyon devenait de plus en plus présente dans ma tête. A force de faire des semi-marathons et des marathons j'ai décidé de franchir le pas pour des distance un peu plus longue et l'année dernière je franchissais la barre des 63km avec quelques 1200 d+ dans ma chère ville de Remscheid. Cela me donna des ailes et ouvrit la porte de mon Graal : La Saintélyon! Cette course mythique entre deux villes qui me tiennent tellement à coeur.

Donc, le premier jour d'ouverture des inscriptions ! BING! Je  prends mon dossard et achète mes billets d'avions. Pas possible dès lors de faire machine arrière! Première petite barrière, le certificat médical... pas facile d'expliquer au médecin allemand qu'il me faut un certificat médicale pour cette course. Quand je lui dis que je vais courrir 76km il me regarde avec de grands yeux. Je me garde bien de lui dire que c'est de nuit au mois de Novembre...Au bout du compte, comme il ne me connaît pas trop, la course à pied intensive m'éloignant de ses branquards, il accepte de signer un certificat que J'ai rédigé et traduit pour lui. 

Toute l'année je ne penserais qu'à cette course et l'enchainenment des courses et des entrainements seront basés sur cette objectif. Je commence l'année doucement avec une série de courses d'hiver à Hilden vers chez moi (10k,15k et semi). Les conditions sont mauvaises et il y a beacoup de boue. Je fais le malin en racontant que c'était apocalyptique... ah ah ah ah comme je me marre en retrospective en comparant avec la Saintélyon...

Et puis, j'enchaine Marathon de Düsseldorf avec un beau RP de 3h26 et un trail en Belgique (GTLC) de 30km avec encore de la boue. Premiére partie de l'année terminée. Je m'accorde un peu de repos et repars de plus belle au mois de septembre. Ca commence mal... Gros tour de rein qui me bloque pendant quelques semaines. Et puis c'est parti et j'enchaine les grosses semaines d'entraînement (week-end chocs, marathon avec 1000 d+). Au final j'arrive avec quelques 2300km dans les jambes et 42000d+. Je me sens bien. Il ne reste plus qu`à savourer les 2 dernières semaines.. ah ah ah... quelle horeur cette attente. Je regarde tous les jours la météo et les pronostics changent tous les jours. A 2 semaines de la course il neige sur le parcours. Franchement la neige me plairait bien et puis j'ai l'habitude ici de courrir sous la neige :)

Nous y voilá à Lyon! J'arrive le vendredi soir et passe une bonne nuit. Le samedi matin cela n'est pas possible de faire la grasse mat, l'excitation est bien trop grande. Mais il est quand même plus facile de dormir quand la course démarre le soir... pas  de stress de ne pas entendre le réveil. L'après midi je vais retirer le dossard avec ma famille. Et pui j'arrive même à faire une petite sieste d'1 h!! J'ai la patate. 

Le moment du départ approche. Nous partons avec ma mère et ma soeur à 20h30 pour Saint Etienne. Il ne pleut pas encore mais cela ne saurait tarder.

Arrivés vers 21h, l'attente commence. Mes conseillers m'avaient dit de me diriger vers le départ au moins 1h15 avant le départ. J'y vais 1h30 avant mais c'est déjà rempli.

L'attente sera longue et au final, je ne comprends pas l'avantage de ces départs en vague... les premiers se sont postionnés plus de 2 h à l'avance et on se stresse pour rien. En plus, il y aura quand même des bouchons... quel interêt??

A 23h50, ca y est je suis sur le départ... 3ême vague... pas grave je suis dans ma course. Il ne pleut toujours pas et il fait même chaud. Je regrette pour le moment d'avoir opter pour 3 couches plus la veste imperméable.

Les 3 premiers kilos se passent très bien. Je me sens trés à l'aise et suis relativement lent. Et puis arrive la première montée et les premiers bouchons... vague ou pas vague telle est la question...

Les kilos défilent et je tente de rester sur un rythme de 7min/kilos. Ca tourne bien et les chemins sont gras mais pas trop pourris encore. Et puis, vers Sorbiers la pluie commence à faire sont apparition et les chemins sont de moins en moins bons. Dans les montées j'arrive encore à tenir un bon rythme et dépasser quelques concurrents, sur le plat et dans les descentes je lâche un peu plus les gazs. Je profite au maximun des balais de lampes frontales. C'est magique!

Arrivé au premier ravito, je me sens super en forme, je file à droite pour éviter la foule qui s'ammase sous la tente et ne m'arrête même pas. J'ai encore suffisament d'eau et de vivres pour tenir jusqu'á Sainte Catherine. Ma montre affiche 2h04 de course soit 7min14/kilos. ca roule ma poule.

Les conditions commencent à se déterriorer sérieusement... les chemins sont boueux... que dire... ce ne sont plus des chemins.. ce sont des torrents, des tranchées enfin tout ce que vous voulez mais pas des chemins...

Les kilos défilent et tout va toujours bien. J'arrive à Sainte Catherine dans un état de fraicheur relative... Cela fait un peu plus de 4h que je coure et je ne sais pas trop où me diriger dans cette zone de ravito blindée. Je mange un peu et bois un thé. Aprés 5 min de pause c'est reparti. Ca va bien mais le rythme est de plus en plus dur à tenir et puis je vais commencer à me prendre de belle gamelles...

En gros à partir du kilo 40, j'en ai plus rien à fiche des flaques, je fonce droit devant et traverse les flaques comme si de rien n'était. Je suis trempé, à quoi bon éviter les flaques.

Arrivé au prochain ravito de Saint genou, je suis un peu atteint. Ce sera mon plus long ravito : 7 min... dans ma tête je suis resté 1h... je regarde autour de moi mais je n'arrive pas bien comprendre ce qu'il se passe. Je lave me gants plein de boue à l'eau froide... je tente d'utiliser mon téléphone qu'il m'ait impossible de manipuler mais le range car mes doigts sont frigorifiés. 

Je repars tant bien que mal, remets mes gants et les enlève quelques mètres après car ils me congèlent les doigts. Les quelques kilos après le ravito sont très durs. Je commence à avoir froid et mon rythme dégringole rapidement, Je passe au dessus des 8min/kil, mais à ce moment de la course je ne pense pas au chrono. J'attends que le temps passe et que les sensations reviennent. 

Les quelques portions en bitume font du bien (ah ah ah que c'est con quand même...) et me permettent de me refaire une santé. Mais une lourde chute à plat ventre détruit mes gants et mon téléphone ... j'avais eu la mauvais idée d'enlever la coque protectrice et de ne pas le protéger de l'humidité... (quel imbécile...). Du coup une fissure sur l'arriére laissera rentrer l'humidité...

Vers le kilo 50 je me sens mieux. J'arrive à Soucieu en Jarest super motivé avec de bonnes jambes. Il est 7h00 et je me sens bien. Je fais une pause qui me semble encore durer une éternité...4min... Je bois du coca, rempli ma poche d'eau et mange quelques bous de fromage accompagnés de saucisson, un régal.

En sortant du gymnase chauffé, j'ai un choc thermique et il me faut bien 3-4 kilos pour m'en remettre. Et puis, après je me sens super bien. J'arrive même à tourner à plus de 10km/h. Pas mal après 7h de courseDans ma tête je recommence à faire des calculs ret pense que 10h sont encore jouable. J'envois...

Jusque Chaponost tout va bien. Je me promets de ne pas refaire l'erreur de Soucieu de faire un passage éclair au ravito, après c'est bientôt fini :). Je reste 1 min et n'ai pas de choc en sortant. Par contre mes cuisses commencent à faire mal à cause du frottement. Mon vieux collant rend l'âme et glisse tout le temps tellement il est gorgé d'eau.

Jusque Sainte Foy je donne tout ce que j'ai mais la montée de l'aqueduc m'achèvera. C'est tout juste si j'arrive encore à monter. A partir de là ce sera un petit calvaire... encore heureux qu'il ne reste que 5-6 km. Les chemins sont toujours aussi boueux et il nous faut même traverser des zones où l'eau monte jusqu'au genou mais cela fait longtemps que j'ai fini de me plaindre mentalement et que j'ai accepté la situation. En arrivant à Lyon l'émotion me gagne et il m'est impossible d'avancer sans frissonner...

Les derniers kilomètres ne sont que du bonheur et l'arrivée est magique. Je ne sais pas où je suis et me demande ce qui vient de se passer. Les minutes passent et je réalise ce qui vient de se passer les denières heures. je me rends compte à quel point il est difficile de raconter tout ce qu'il s'est passé et à quel point cette course était difficile. Il est vraiment difficiale de décrire raisonnablement l'état des chemins... 

 

QUELLE COURSE. Elle restera à jamais graver dans ma mémoire. Et même si j'ai dis en arrivant que je ne penserait pas la refiare de si tôt. L'idée me trotte déjà dans la tête d'y revenir le plus tôt possible.

3 commentaires

Commentaire de JulioK1 posté le 08-01-2020 à 16:53:20

beau récit. On sent à quel point elle était importante pour toi cette course.
Et oui il est difficile par écrit d'exprimer l'état du terrain. Pour montrer à ma famille j'ai attendu qu'il y ait quelques vidéos qui sortent sur internet de gars qui avaient couru à la GoPro.
Tu as fait quel chrono finalement ? Elles sont passés les 10h ou pas ?

Commentaire de johan laurent posté le 08-01-2020 à 22:42:08

eh eh. J'ai également regardé toutes ces vidéos sur le net..
Au final je fais 10h15, mais super content du chrono. Tu l'as faites aussi? Tout s'est bien passé?

Commentaire de JulioK1 posté le 09-01-2020 à 07:48:33

Oui mais pas avec le même chrono j'ai mis 1h30 de plus.
Tout s'est bien passé je sais pas lol. Autant que ça pouvait sur une course comme ça quoi. Pas de blessures et remis très vite. Mais pas vraiment de bons moments pendant la course, pas vraiment de plaisir...
J'ai toujours l'ongle du gros orteil qui est sur le point de tomber.

J'ai fait un récit si tu veux ça te donnera une idée ;)

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