Récit de la course : Trail des Cerfs - 35 km 2019, par Shoto

L'auteur : Shoto

La course : Trail des Cerfs - 35 km

Date : 19/5/2019

Lieu : La Queue Lez Yvelines (Yvelines)

Affichage : 234 vues

Distance : 35km

Matos : Salomon Speed cross 4

Objectif : Se dépenser

2 commentaires

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TRAIL DES CERFS 35 Km ... ma balade forestière 2019

2 mois après avoir couru l’ECO TRAIL 80 km, je participe en mode solo à un beau trail en forêt, le Trail des cerfs, sur sa version 35 km en vue de préparer un 50Km normand en juin.

 

Venant de finir cette jolie balade trailique, je dois dire que j’ai été bien agréablement surpris par le profil intéressant de cette course. De nombreux sentiers monotraces, des majestueuses pistes forestières, de longues lignes droites plus ou moins sablonneuses et quelques montées « coups de cul » , tout cela en forêt au sud de La Queue Lez Yvelines (78) se situant à une quarantaine de kilomètres au sud ouest de Paris.

Et non ! la banlieue parisienne n’est pas moche partout 

 

Le Trail des cerfs est globalement roulant mais des beaux faux plats montants et quelques chtites montées raidasses permettent de cumuler finalement 574 mètres de dénivelé positif global.

 

Dommage que le soleil n’ait pas été de la partie mais courir avec un 12°C au départ de la course me convenait finalement très bien … bizarre pour un mois de mai ?

 

Départ de la course 7h45 un Dimanche matin … chouette horaire pour un matinal comme moi à 30 mn de voiture de mon domicile … çà me change des trails montagnards à 600 bornes ..

Je suis heureux de courir ce matin et j’ai la banane tout seul dans ma voiture en roulant sur la N12. Heureux traileur qui va s’éclater et pratiquer son sport passion malgré le brouillard bien présent ce matin. La fée Météo France nous a même annoncé des averses et même de l’orage à partir de 11h. … on ne verra finalement pas une seule goutte de pluie ! La fée avait du boire trop d’hydromel.

 

Aucune blessure au départ ce matin … cool … aujourd’hui j’ai laissé la GO PRO dans son étui et je suis là pour tenter une course plus rapide que d’habitude. Au placard le vidéo-reporter ! En fait, je me suis rendu compte que mes précédents trails courus ces 2 dernières années à rythme lent en version vidéo reportage ou en mode trail amical avec des potes, ont finalement sur le long terme « écrasé » ma foulée et m’ont fait perdre du rythme de course. Je compte bien tenter y remédier ce matin !

 

Je voulais courir en mode très léger mais les incertitudes climatiques m’ont (trop) fait remplir le sac à dos avec des vêtements de pluie. La poche à eau d’1 litre est également trop lourde. Je ne boirai finalement que très (trop) peu d’eau  … lancé dans ma course.

Par contre, côté vestimentaire, parfait !  des chaussettes de contention, un short minimaliste, un tee shirt, ma veste sans manche de finisher des Templiers et des manchettes … sans oublier mon beuff. Je n’aurai ni trop chaud ni trop froid. Top !

 

7h45 sur un stade mignonnet … allez hop c’est parti au milieu de 180 partants matinaux. Les coureurs du 45 Km sont déjà partis dés 7h00. Le 25 km partira plus tard vers 8h30. Comme d’habitude sur ce type de distance assez courte, çà galope plutôt vite au départ mais sans excès. N’ayant pas la caméra pour filmer le départ, je galope à un rythme légèrement supérieur à ce que je fais habituellement. Cardio du GPS en panne depuis plusieurs mois … tant mieux, je cours à la sensation !  Mon souffle n’est pas dans le rouge. Les muscles fonctionnent bien. Ma foulée est assez puissante, ample et relâchée. Je double pas mal de monde en faisant bien attention à ne pas me griller. … Tapons quand même un peu dans le stock de glycogène du foie ! Le 1er quart d’heure, un type dit à son pote que nous sommes à 12 km/h après avoir reluqué l’indispensable merveille technologique intelligente … son GPS

 

Mon 1er objectif est de courir la 1ère heure en rythme relativement rapide pour me mettre en pré-fatigue et travailler/améliorer mon rythme de course … et oui,  je sais ! cela peut paraitre bizarre pour une stratégie de course mais je souhaite en dernière partie de course « simuler » en conditions réelles une fin d’ultra « dans le dur » pour travailler le mental … car comme chacun sait, les traileurs sont des masochistes hédonistes qui décuplent leur plaisir dans la douleur et les beaux paysages !  … alors autant tenter de « s’en mettre une ».

 

Plutôt que de faire le yoyo à stagner puis doubler des wagons de coureurs, je décide d’accrocher sur plusieurs bornes quelques belles locomotives dont le rythme me convient.

 

C’est ainsi que je fais la connaissance temporaire de Supinator et Pronator, un binôme de 2 copains coureurs. Le 1er, Supinator, a des jambes un peu arquées et attaque le sol depuis le bord extérieur de ses chaussures de trail. Il a l’air plus expérimenté et affuté que son pote Pronator plus lourd qui, lui, attaque carrément le sol fortement à partir du côté intérieur de ses chaussures … beaucoup moins stable le jeune gaillard ! et son tee shirt en coton trop court laisse dépasser quelques petits bourrelets disgracieux révélant un coureur moins affuté … mais méfions nous des préjugés ... Les 2 galopent pas mal sur cette 1ère demi heure et je les suis jusqu’à ce que Pronator fasse signe à son pote qu’il doit ralentir car il va exploser … nos 2 jeunes fougueux sont semble-t-il partis trop vite ...  ah la fougue de la jeunesse !

Il faut quand même dire que je me suis amusé à les voir chercher à s’accrocher momentanément au fameux dossard 288 …  une jeune femme bien affutée, une blonde aux cheveux courts décolorés portant un tee shirt de finisher Ecotrail 45 Km … la coureuse droppe bien. Sa foulée déliée et souple d’athlète de piste me convient mieux que celle de Supinator et Pronator que je finis par doubler lorsqu’ils lâchent l’affaire.

 

Dossard 288 me fera également souffrir sur cette 1ère partie de course prenant légèrement les devants sur les longues parties roulantes mais se laissant rattrapée par le vieux traileur 4X4 que je suis lorsque le terrain devient technique … surtout dans les montées qu’elle n’aime visiblement pas ! … Elle est plutôt typée Formule 1 version Marathon Route. Je larguerai 288 sur une série de bosses cassantes et bien marquées … avant qu’elle ne me rattrape et me double après une erreur de ma part de suivi de balisage. Nous aurons quand même couru presque une bonne heure ensemble à vue. La jeune gazelle me mettra finalement 13 minutes à l’arrivée pour finir sur le podium 2ème Féminine au scratch. Bravo Camille !

 

Miracle ! mes Salon Speed Cross me sauvent de la noyade lors de traversées de plusieurs belles grosses parties bien boueuses, marécageuses et liquides … comme Jésus marchant sur les eaux ! … sauf que là ce n’est pas la mer mais un cloaque nauséabond … En fait, il a plu toute la semaine précédente. 

 

Un traileur en jaune nous annonce qu’il est sur le 45 km mais qu’il s’est perdu et qu’il finit sur le 35 Km … un malin s’amuse à calculer et lui préciser qu’il aura finalement couru plus de 50 bornes … sans être classé. .. pour le fun de simplement courir … le traileur jaune est en fait un kikou ; « Ilgigrad » (voir son récit marquant sur le site).

 

Je beugle après un traileur parti sur une fausse section de piste. Le gars ne suivait visiblement pas bien le balisage et partait à l’ouest !

Surtout ne pas se moquer ! car 10 km plus loin, c’est moi qui suis un troupeau de traileurs pas concentrés du tout et qui ont raté des rhubalises. C’est notre kikou traileur du 45 km, Ilgigrad qui beugle pour nous ramener sur le bon chemin ! Merci Ilgigrad ! c’est sympa un kikou !

Moi qui dans mon passé de jeune raideur multisport adepte des courses d’orientation étais conditionné à scruter la carte, les balises et les marquages pour ne pas faire des kilomètres supplémentaires, c’est un comble … les temps ont bien changé !

 

Il est vrai que le balisage des rhubalises sur le trail des Cerfs n’est vraiment pas très serré … ici, on n’est pas aux templiers ou sur l’infernal trail des Vosges où j’avais été impressionné par le balisage hyper efficace.

 

1er ravito au 20ème kilomètre … je suis presque surpris de découvrir le ravito installé sous un barnum blanc tout petit abritant une simple table, cela nous change des gros ravitos des trails « commerciaux » où l’on doit jouer des coudes et presque se battre pour attraper des victuailles disposées sur des tables longues comme des pistes d’aéroport.

Ravito express, je quitte en quelques minutes après 2h10 de course ce 1er ravito. Déjà plus de la moitié de course de faite … 10,2 Km/h de moyenne au compteur y compris arrêt ravito.

 

Je décide d’alléger un peu le rythme sur le second tronçon jusqu’au prochain ravito situé au 28ème km. En fait je commence à sentir un peu lourdement mes papattes qui ont bien travaillé surtout dans les descentes caillouteuses et pierreuses.

Je déroule ma foulée avec plaisir, profitant des parties sableuses, pins et pistes à travers des genets et des fougères, quelques belles vues sur la forêt. Le pied trailique. Enjoy !

 

Etant un coureur plutôt lent sur le plat mais bon grimpeur, je pratique l’optimisation de course sur les montées en continuant à courir sur tous les débuts de côtes. Lorsque je sens que le cardio accélère, je marche puis commence à relancer avant le haut de la côte en début de plat. Ce qui me permet de doubler un peu de monde. Certains coureurs courent (à priori) sur toutes les montées même dans les murs raidards… heureusement pour eux que le trail ne fait pas 70 bornes !

 

Soudain, dans une montée, je lève la tête et me retrouve nez à nez avec un impressionnant bestiau de 500 kilos au fort poitrail musclé. Le grand machin écumant est monté par une charmante dame portant un dossard vert. Je ne vais pas jouer les coqs et je me pousse donc car je ne fais pas le poids face à ce cheval de course qui heureusement descend tranquillement car le terrain est technique !  Le briefing d’avant course nous a prévenu ; il y a une seconde course organisée en forêt en même temps que le Trail des Cerfs ! Une course équestre disposant d’un balisage différent … mais également blanc … ne pas se tromper pour ne pas partir avec les canassons ! Bizarre que l’ONF ait laissé 2 courses si différentes se dérouler le même jour.

 

50 minutes à cavaler sur le second tronçon pour rejoindre le 2ème ravito (que je rejoins après 3 heures de course) et la seule barrière horaire de la Course, celle-ci étant à 12h15. Il n’est en fait que 10h45.

J’ai couru ce second tronçon un peu moins vite en 8.8 km/h mais le terrain était assez accidenté et moins roulant même si j’ai ralenti.

La trail est déjà presque fini !

Restent 7 km à courir. Je veux accélérer sur la dernière partie car je ne me sens pas du tout cramé… mais je sens que les jambes répondent moins bien.

Curieuse sensation due à la fatigue ou je sens que ma foulée est déstructurée et chaloupée. Légères pertes d’équilibres sur mes appuis, ma proprioception devient un peu approximative … perte d’efficacité de ma course et douleurs.

Je m’hydrate bien et je me suis bien alimenté aux 2 ravitos mais sans excès.

 

Difficile désormais sur cette partie de se jauger par rapport aux autres coureurs car nous avons rattrapé les marches nordiques et coureurs du 15 km ainsi que ceux du 25 km qui terminent sur la même portion de tracé qui devient plus roulante.
Maintenant il faut partager la route avec des coureurs qui galopent léger pour certains. Ceux qui me doublent comme des fusées sont-ils des 15/25 ou des 35 qui sentent l’arrivée et donc l’odeur de l’écurie ?

 

Barrière psychologique bien connue de fin de trail lorsque je vois le panneau routier d’entrée de ville LA QUEUE LEZ YVELINES … l’envie que le stade soit juste derrière au prochain détour. Mais non, il reste 2 bons kilomètres à forcer son corps meurtri, à tirer sur la machine pour la pousser jusqu’au bout honorablement en essayant de doubler quelques retardataires.

 

Dernier tour de piste du stade et nous enfin voilà sur ligne d’arrivée en 3h44. 85ème place sur 180 partants et 155 arrivés… et le plaisir du devoir accompli. 

25 coureurs ont abandonné (14%) ce qui semble beaucoup sur une distance aussi faible ?

 

Chouette et joli trail forestier qui m’a fait pensé au Trail du Haut Planet et au Trail de Senlis proposant respectivement 35 km et 29 km.

Même si mes 9,3 Km/h et mon milieu de classement n’ont pas à faire chanter la gloire du Shoto, je suis assez content de moi ayant poussé la machine sans exploser en vol malgré mes 5 kg pris depuis la fin de ma CCC 2018 ! … et surtout pris un maximum de plaisir sur un beau parcours en forêt parmi de sympathiques traileurs et traileuses.

 

Le 1er, Guillaume TIREL finit en 2h29 … un traileur d’un bon niveau disposant d’une très honorable cote ITRA à 740 … et un beau palmarès : 10ème de l’Ecotrail  80km en 2018, 6ème du Grand Raid des Pyrénées, 120 km en 2018 et 3ème du trail des Hospitaliers 2018. 

La dernière traileuse finit 155ème en 4h53. Bravo à eux 2, à tous les participants et merci aux bénévoles.

 

 

2 commentaires

Commentaire de bubulle posté le 20-05-2019 à 23:39:00

Ah bin, Guillaume Tirel, il s'entraîne sur le Graal des coureurs mordoriens, notre belle Colline d'Elancourt, normal qu'il gagne....:-)

Merci pour ce joli récit d'une course qui me tient bien à coeur. Faut que je pense à y retourner l'an prochain pour y fêter mes 10 ans de trail, sur le 20km.....(où je vais me faire tôler par les gazelles, moi aussi).

Commentaire de Shoto posté le 21-05-2019 à 06:40:07

Merci Bubulle. C'est un honneur pour moi d'avoir ton commentaire et bravo pour ton podium au MIUT !

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