Récit de la course : Marathon de Metz Mirabelle 2021, par marathon-Yann

L'auteur : marathon-Yann

La course : Marathon de Metz Mirabelle

Date : 10/10/2021

Lieu : Metz (Moselle)

Affichage : 315 vues

Distance : 42.195km

Objectif : Pas d'objectif

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Retour gagnant

Marathon Yann, le retour. Retour à Metz (mais je ne vais pas vous refaire le coup de la nostalgie à chaque fois), retour surtout sur marathon, après de longs mois de confinement suivis de 4 derniers mois marqués par des ultras (pas moins de 5 courus) pour le  coup ultra marquants. Retour qui a failli faire flop, en fait, le RER B me jouant son plus mauvais tour, celui de "pars à l'heure que tu veux, tu n'auras pas ton train" (sale gosse). Heureusement, mes parents plus que jamais présents récupèrent mon dossard à ma place, viennent me chercher à la gare, et me préparent un repas et une soirée qui permettraient à n'importe qui d'aborder n'importe quelle course avec sérénité.
 
Sérénité qui n'empêche pas l'indécision. Deux questions me torturent ce dimanche matin. D'abord, comment s'habiller, alors qu'il fait si frais à 9h, mais que l'on devrait gagner quelques 10 degrés en fin de matinée (question qui se résume à savoir si je mets un tee shirt à manches courtes ou longues, ça n'a l'air de rien, mais sur le moment j'ai l'impression que ma course se joue là-dessus). Deuxième question, plus sérieuse encore : quel temps puis-je raisonnablement viser ? Trois semaines à peine après mon record sur 100km (ici à Metz), j'hésite entre euphorie et prudence, et le semi disputé le week-end précédent n'a fait que renforcer cette indécision (belle 7ème place mais 3 min de plus que l'année dernière, en 1h32). Je ne suis  donc pas à 100%, et je fais le choix "raisonnable" de me coller au meneur d'allure 3h15, avant de voir quand il va me décrocher.
 
Atmosphère de fête ce matin, pour le retour du marathon à Metz. Il fait beau, et le départ situé boulevard Poincaré, dans le prolongement de l'esplanade de la place de la République, nous offre une vue magnifique sur le Mont Saint-Quentin. C'est une particularité de ma ville de Metz : depuis le centre ville, nous avons une vue imprenable sur la nature environnante. Les coureurs se préparent à leur façon : certains restent le plus longtemps possible à la chaleur du parking souterrain (ouvert gracieusement aux coureurs), d'autres s'échauffent, d'autres encore, des étudiants du lycée Saint Vincent qui vont courir en relais, prennent des selfies. Les primo marathoniens sont à l'honneur, avec un dossard doré qui me fait envie. Tout ce beau monde a l'air bien content, et moi aussi !

 
 
Départ à 9h pétante ! Je me suis placé un peu en retrait par rapport à mon meneur d' allure, ruse de sioux pour m'offrir un matelas de  quelques secondes sur l'objectif, à condition de le rattraper et de le suivre jusqu'au bout. Ruse qui manque de se retourner contre moi : retardé par le trafic, je vois dans un premier temps le bel oriflamme bleu s'éloigner. Je sprinte sur les trottoirs, slalomme un peu, et pris par mon élan passe devant le meneur d'allure, me demandant s'il est vraiment nécessaire de l'attendre. Ce que je fais finalement.
 
Les 8 premiers km de ce marathon nous font visiter la ville. J'ai déjà fait un certain nombre de marathons, de San Francisco à Rome en passant par Paris ou Séville, mais aucun de ces prestigieux parcours ne peut se vanter de me faire passer devant la rue où habitait mon oncle et celle où mon frère avait son appartement, devant le chocolatier préféré de mon grand-père, le lycée où j'ai passé mon bac, la bibliothèque où nous allions le samedi ou la piscine où nous allions le dimanche. Comme les organisateurs nous font passer aussi devant les plus beaux monuments de la ville, cette première partie de course passe vite.
 
Nous sortons ensuite de la ville pour rejoindre les villages de Pouilly,  Fleury, Cuvry.... Ce sont maintenant des routes agréables qui nous sont réservées, et les villages traversés sont autant de lieux de vie et d'animation bienvenus. Nous sommes peut-être une quinzaine autour de notre meneur d'allure. Il y a ce coureur qui me raconte depuis le 4ème km qu'il cours pour une copine hospitalisée, cette fille qui vise une place au général, ce coureur qui était venu en tant que médecin sur les 100km... Tous, nous nous pressons autour d'Idir, notre meneur d'allure. C'est un vrai capitaine de route, qui n'hésite pas à nous demander de nous concentrer quand il voit que l'on parle trop, à nous ralentir dès qu'on le dépasse, à nous conseiller sur les trajectoires, le tempo, les ravitos... Le tout d'une voix tellement rassurante et sûre de lui que nous acceptons sans rechigner ses conseils et remontrances. Grâce à son humour aussi, par exemple il n'hésite pas  à agiter son drapeau, qu'il tiendra à la main pendant toute la course, pour amuser les enfants qui crieront deux fois plus fort à notre passage. Puis il nous rappelle de rester sérieux, le marathon commençant au 37eme km.
 
Nous arrivons déjà au semi, franchi en 1h36. Je profite de la petite descente qui suit pour placer une franche accélération et prendre quelques mètres d'avance : je veux prendre un peu d'avance pour satisfaire un besoin naturel, sans me faire décrocher par notre groupe. Il est évident que seul, sur ces routes, ça ne serait plus la même musique. 

Régulièrement, Idir nous annonce notre allure, nous reprochant presque les quelques secondes d'avance que nous accumulons à chaque kilomètre. J'avoue qu'à ce moment, malgré mes 29 marathons et mon pseudo si spirituel, je me demande si je suis vraiment fait pour cette course. Plus que la distance, c'est cette façon d'optimiser constamment son effort qui ne correspond pas vraiment à ma façon plus frivole de courir. Mais aujourd'hui c'est différent, Idir prenant en charge toute la partie régulation de la course, il me suffit de suivre.

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C'est d'ailleurs ce qu'il nous répète. "Contentez-vous de rester près de moi, je m'occupe de tout". C'est un vrai confort, même si nous ne sommes plus que 5 ou 6 à pouvoir le suivre sur la dernière partie. Un de ses amis nous rejoint, nous encourage, se charge de nous ravitailler pour nous permettre d'économiser nos forces. Quelle belle équipe ! La fin de course est rythmée de leurs conseils et commentaires: "Dans 2 km on sera au km 30, ensuite je vais vous découper les 12 kms suivant, ça va aller tout seul". Puis, lorsque l'on ramasse un mort :"vous voyez, c'est ça, le marathon". "Rappellez vous ce que je vous ai dit, le marathon commence au km 37, on y sera dans 2 km". "Abrite-toi du vent, reste derrière moi". "Plus que 4000m, 10 tours de stade, ce n'est rien !". "on passe cette montée et c'est fini, on y sera en 3h13"

Et oui, c'est presque fini ! Nous donnons nos dernières forces, je grapille une vingtaine de secondes inutiles sur les 3h13 pour boucler ce marathon si particulier. Un retour gagnant sur la distance, qui illustre pour mon plus grand plaisir le proverbe africain  "seul on va plus vite, ensemble on va plus loin".
 
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5 commentaires

Commentaire de DavidSMFC posté le 16-10-2021 à 20:19:57

Bravo Yann ! Et qu'il avait l'air bon ce meneur d'allure dis-donc ! ça donnerait presque envie de faire un marathon !^^

Commentaire de marathon-Yann posté le 16-10-2021 à 22:36:49

Oui, un sacré personnage, et un bon coureur (qui prévoyait de courir en 2h40 à Paris une semaine plus tard).
Des marathons, tu en as déjà fait, on s'est croisé à celui de Marne et Gondoire, où tu avais assuré !

Commentaire de DavidSMFC posté le 17-10-2021 à 14:35:57

C'est le seul que j'ai fait, je ne le considère pas vraiment comme un Marathon car on n'y espère aucun chrono. Mais la distance y est, oui !
Au plaisir de s'y recroiser évidemment !

Commentaire de augustin posté le 19-10-2021 à 09:33:54

Bravo Yann! quel multi-récidiviste tu fais, tu enchaines les compètes à un sacré rythme! bravo pour ton coté "office du tourisme", ça donne envie de l'ajouter au calendrier des marathons à faire!!!

Commentaire de marathon-Yann posté le 19-10-2021 à 14:25:01

Merci augustin ! Et encore, sans vouloir "divulgacher", une semaine après je participais au marathon de Paris ! (récit en préparation)

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