Récit de la course : Trail des Forts du Grand Besançon - 28 km 2015, par matmat39

L'auteur : matmat39

La course : Trail des Forts du Grand Besançon - 28 km

Date : 10/5/2015

Lieu : Besancon (Doubs)

Affichage : 865 vues

Distance : 28km

Matos : Saucony XODUS , des gros cuissots et un super frangin

Objectif : Pas d'objectif

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Le trail des forts 28km d’un coureur « NORMAL »

6h15 le réveil sonne et la tête qui va avec fait peur à voir… Aujourd’hui c’est le grand jour. Après l’écotrail de Paris, je vais avoir la joie de participer à mon premier « vrai trail » avec du dénivelé, des racines, des cailloux et surtout de vrais paysages !

 

La journée débute par la lecture des messages d’encouragement des copains du Club (Le coach, Myriam, Alice, Clémence, Christophe, Valérie et les autres…). Ça fait du bien au moral… Merci les copains !

Petit déjeuner 3h avant le départ, dernière vérification du sac, on fait le plein du Camelback et c’est parti. Direction LA Capitale ! Le soleil brille et il fait déjà chaud. Près de 11°C à 7h15… Pas de doute ça va cogner sec sur le coup de midi…

 

Retour sur l’aire de départ. Il y a beaucoup de monde. On annonce 1200 partants sur le 28km et un départ en deux vagues pour éviter les bouchons. Il reste encore 35min avant le départ et je vois déjà certains coureurs se positionner sur la ligne. 10 min d’échauffement seulement et je retourne me placer.

Je ne joue pas (et je ne jouerai jamais ^^) la gagne mais j’aimerais juste partir devant pour éviter les ralentissements, les chutes, bien contrôler mon rythme sans à-coup et arriver bien placé au pied de la première bosse. La montée vers Montfaucon est constituée en grande partie de singles, dans lesquels il sera difficile de dépasser sans prendre de risque pour soi et surtout pour les autres…

 

J’aimerais aussi faire la course avec l’ami Nico, essayer de partir avec lui (même s’il grimpe bien mieux que moi) et de faire un bout de chemin avec cet ami traileur expérimenté et qui connait ces sentiers par cœur. Malheureusement pour moi, il y a déjà trop de monde et je suis bien loin de l’arche de départ. Beaucoup ont fait le choix (ou ont été contraint) de sacrifier l’échauffement pour ne pas partir trop loin. J’aurais peut-être dû en faire de même et rester avec Nicolas qui doit être aux avant-postes avec son beau maillot Intersport …

 

Je prends position à 50m de l’arche au beau milieu de peloton. A mes côtés figurent Stéphane et David deux copains du Dole Athlétique Club avec nos beaux maillots blanc et rouge. Ils sont plus fort que moi, alors je ne me déconcentre pas et décide de ne pas les suivre, 28km c’est long… Je suis loin, tant pis, j’aurai peut-être l’avantage de ne pas partir trop vite et de mieux gérer mon effort sur toute la durée de la course. Le speaker commence le décompte, dernier coup d’œil à ma montre/cardio, mon rythme cardiaque s’emballe (c’est fou le pouvoir de l’adrénaline…)

 

A cet instant je pense très fort à mon frangin qui est derrière les barrières. Il devait être avec moi sur la ligne de départ en ce 10 mai 2015. Malheureusement pour lui, il est handicapé depuis 6 mois par des blessures qui l’empêchent de courir. Je sais que pour lui c’est très dur de me voir me préparer et de ne pas prendre le départ. Son visage ne mentait pas ce matin et laissait transparaitre une grosse frustration. Mais il a tenu à venir me supporter et je le retrouverai en différents points du parcours au bord des sentiers. Alors j’espère juste lui faire honneur en réalisant une jolie course et en faisant de mon mieux.

Puis dans ces derniers instants où je me referme sur moi-même, mes pensées vont aussi à ma super copine de course à pied Alice MOREL avec qui je forme depuis cette année un super binôme à l’entrainement et en course. Elle aussi blessée, 2 semaines avant l’Ecotrail de Paris, elle est juste en période de reprise. Comme je l’ai fait à Paris, je courrai pour tous les deux…

Enfin dernière pensée pour une amie d’enfance récemment retrouvée après plus de 15 ans qui elle aussi court et qui sera peut-être sur le parcours spécialement pour me supporter (je vais ouvrir les yeux^^)…

Avec toute cette motivation pas de doute dans 3h je ne devrais pas être très loin d’arriver…

 

La fin du décompte approche et c’est parti. La foule s’ébroue lentement, les têtes devant moi sautillent. Après quelques longues secondes je passe sous l’arche de départ.

Comme d’habitude ça part vite voir très vite... En sortant de la Rhodia mon cardio m’annonce 4.03 min/km et je me fais déborder de toute part. Nombreux sont ceux qui comme moi n’étaient pas présents dans les 200 premiers coureurs et qui remontent le peloton comme des avions. De mon côté, je me suis fait une raison… Ça va bouchonner dans la première difficulté et je serai en plein dedans. Je choisis de partir sagement et de ne dépasser que les coureurs affichant un rythme bien plus lent que moi. Nous rejoignons les rives du Doubs, après quelques centaines de mètres et déjà un premier embouteillage alors qu’il n’y a aucune difficulté… Certains coureurs commencent déjà à s’énerver, à zigzaguer en manquant de tomber… A croire qu’ils sont pressés d’arriver dans Montfaucon… ^^

 

Nous traversons le Doubs sur la passerelle à la file indienne. Que c’est beau ! La citadelle à notre droite, la chute d’eau sous le pont, une file de coureur qui serpente, le soleil… On en a de la chance et il faut savourer, c’est avant tout cela le trail... Capturer dans sa mémoire ces petits bonheurs tout simples.

 

J’ai participé aux deux reconnaissances organisées par Intersport et les organisateurs du Trail des Forts en février et mars. Je connais donc la première partie du parcours qui nous emmènera au sommet de la première difficulté. Ma stratégie de course est simple. Gérer prudemment le premier tiers présentant la plus grosse difficulté et lâcher les chevaux (ou les poneys ça dépendra de l’état de forme^^) sur les 2 derniers tiers plus « roulant ».

 

Après 2km, on tourne à droite et voilà les premiers mètres de la Malatte, qui vont nous emmener jusqu’au point culminant du parcours : le belvédère de Montfaucon avec 8 km de dénivelés presque ininterrompus. Je suis assez loin au classement et je vois mes collègues de club Stéphane et David partir dès les premiers pourcentages. On attaque directement avec un joli pourcentage et beaucoup se mettent en mode marche ce qui me permet de doubler tranquillement sans prendre de risque. Puis nous quittons le chemin principal en tournant sur un petit single et là nouveau bouchon. Salopard de bison futé, il avait pourtant rien annoncé hier à la télé dans la Malatte…

 

C’est un peu frustrant car ce single se monte bien en courant et nous sommes obligés d’attendre et de marcher. Et ça s’énerve devant et derrière… Certains osent doubler dans les talus et un impatient se vrille la cheville pour gagner… 1 place…

 

Je reste dans ma course et nous arrivons rapidement dans le petit village de Montfaucon, sur une partie bitumée et je profite du dénivelé pour remonter des grappes de coureurs dont certains soufflent déjà très fort. Se profile devant nous un grand champ en pente raide que nous devons escalader tout droit. Comme le dit la chanson « c’est la chenille qui redémarre » tout le monde à la queueleuleu !!! Le pourcentage est assez fort, je choisis la marche rapide. Nouveau bouchon au sommet où nous devons traverser une petite porte un par un. Et ça regeule derrière… Je pensais m’être débarrassé des grincheux de l’Ecotrail parisien… A première vue, certains sont quand même parvenus jusqu’à NOTRE capitale…

 

Nous voici enfin sur un chemin large et,  je relance à plus de 13km/h ce qui me permet de faire sauter le bouchon avant d’entrée sur un nouveau single et de traverser la route de la Malatte qui marque la mi-côte. Mon petit frère  est là m’encourage et m’annonce que mon comparse Nicolas BELLOT est 5 minutes devant… Il cavale le bougre, il a bouffé du chamois ???

 

Grâce à la reconnaissance, je sais que le prochain km est en descente alors je lâche les chevaux (mais pas trop). On descend à 15-16km/h en file indienne. S’en suit une portion sur un nouveau single hyper technique et tout en dévers sur plusieurs kilomètres. Là encore ma mauvaise position dans le sas est un peu handicapante. Je connais le sentier mais difficile de doubler. Je profite néanmoins de la super accroche de mes nouvelles SAUCONY XODUS pour faire la différence grâce au grip dans les parties les plus pentues. Le soleil commence à poindre à la cime des arbres nous approchons du château médiéval. Une bonne grimpette dans le champ et nous voici sur un premier sommet avec un paysage magnifique. Dans les ruines de ce château, beaucoup de monde pour nous encourager au son des clarines et un groupe de cuivres qui, à notre passage, joue le thème du seigneur des anneaux… Magique !!! On tape dans la main des enfants présents, je profite pour me ravitailler (je confirme le soleil tape fort, il faut se méfier…) et on redescend.

 

Le répit est de courte durée car on remonte directement sur un chemin empierré assez roulant direction le belvédère qui n’est plus très loin. J’avais reperé cette portion en compagnie du célèbre FRANK …

La sélection commence à s’opérer, de nombreux coureurs marchent et semblent-en sur régime. De mon côté tout va bien, les jambes sont bonnes et la tête aussi.

Je monte en courant prudemment en surveillant mon rythme. Au détour d’un virage, je me retrouve derrière… un schtroumpf ! Non je ne me drogue pas, non je ne suis pas en hypoglycémie, et je ne pense pas que ce soit une hallucination dû à l’altitude… Je double un concurrent peint en bleu avec un magnifique déguisement ! Il s’agit de schtroumf POETE qui lui aussi semble parti trop vite. Il a oublié que rien ne sert de courir il faut partir à point  et que patience et longueur fond plus que force ni que rage…^^.

Je lance « Mais elle où est la schtroumphette… Il me dit qu’il la cherche aussi… Un bon moment de rigolade comme on les aime^^. Une petite tape dans le dos et je dépasse.

 

Un petit single part sur la droite et nous voici dans la dernière grosse difficulté avant de basculer au Belvédère ; Il s’agit d’un champ qui monte en trois plateformes. Dans un souci d’économie, je choisis de préserver mes forces en marchant. Nous sommes à découvert et la chaleur est bien présente. Au sommet un petit chemin, je relance aisément et double de nouveau. C’est bon pour le moral.

Un petit tour dans le bois et à la sortie à nouveau mon frère Antoine qui me pousse et m’encourage dans 200 derniers mètres, le cardio est sensiblement monté. Quel bien ça fait au moral. Il n’imagine même pas… Nous voici au sommet avec un public nombreux qui nous pousse. C’est grisant et ça met la chair de poule. On en chie mais ça vaut vraiment le coup. Le paysage et l’ambiance sont à couper le souffle. On se croirait presque sur le tour de France… Au passage encore des encouragements du frangin qui a coupé dans le bois pour me retrouver au sommet. ENORME !! Je suis gonflé à bloc…

 

A ce moment-là, j’aperçois 20m devant moi une grande carcasse toute de noir vêtue, avec jolie tignasse brune. Non ce n’est pas Batman, non Chabal ne s’est pas mis au trail et ce n’est pas chubacka. C’est  Sébastien JOUANNEAU qui donne de la voix et encourage une jeune fille portant un beau maillot rouge et bleu  du team Endurance Shop Besançon. Il s’agit Valérie , une ancienne amie d’école que je n’ai pas recroisé depuis le lycée qui en termine elle aussi avec la montée.

 

Je passe le premier pointage sur ses talons en 274eme position après 1h09 de course. Direction le premier ravitaillement et place à la descente. Je fais un petit coucou à Valérie toute souriante qui a fait une belle ascension avec son « sherpa » de luxe! Nous rattrapons un nouveau schtroumph, il s’agit de schtroumpf JOYEUX ! A l’entame de la descente, notre « Sébastien » international pour motiver sa partenaire lance « Allez !!! on va niquer un schtroumph ! » Grand éclat de rire autour de nous mais je tempère tout de même les ardeurs du colosse en rétorquant « que la moindre des choses était quand même de demander à schtroumpf Joyeux s’il était d’accord... avant de faire quoique ce soit.» Après tout… Il a beau être JOYEUX… il est peut-être pas gay… 

 

Après ce bon moment, retour sur des chemins roulants et je me lance dans la descente. Après 9km de cote, je lâche les chevaux et descends à 16 – 17 km/h jusqu’au premier ravitaillement au km12. Un bon verre d’eau et je tombe en repartant sur l’ami Nicolas . Il était loin devant moi et j’ai refait mon retard en seulement quelques km ? Nous repartons tous les deux. Je suis heureux de l’avoir rejoint. Il m’explique rapidement que sa douleur au genou s’est réveillée et qu’il avait du mal. Il avait déjà souffert de cette blessure au trail de Quingey. Ça me fait de la peine pour lui car je sais que c’était un objectif important à domicile.

 

Nous attaquons une partie bitumée toujours en descente tous les deux et au détour d’une descente un peu prononcée dans les racines, je ne le vois pas derrière moi. Sa douleur le handicape très certainement. Je poursuis mon chemin en solo sur une partie bitumée qui m’avantage.

Les séances d’entrainement sur la piste d’athlétisme et en fractionné portent leurs fruits. Merci Coach Laurent !!! Je prends une allure de croisière sans taper dans mes réserves autour de 13-14 km/h. Je remonte des concurrents un par un dont certains semblent déjà à la limite après 15km. Une petite tape d’encouragement, un petit mot même si ce n’est pas grand-chose quand on est dans le dur et je continue ma route.

 

Jusqu’au second ravitaillement nous enchainons de magnifiques singles. En revanche ils sont très piègeux avec des pierres pointues qui rendent difficiles les appuis. Ma cheville gauche tourne à 3 reprises, j’évite 2 chutes. Le manque de lucidité commence à se faire sentir. Il est difficile de dérouler et de tenir un bon rythme tant les sentiers sont techniques pour moi. La majorité des difficultés sont derrières mais les organisateurs nous ont gratifiés de quelques montées « piquantes ».

 

En revanche, la constante reste la beauté des paysages… Nous sommes à quelques km de Besançon mais il me semble que nous sommes perdus dans le haut Doubs lorsque nous traversons la cour d’une ferme isolée au fond d’une petite vallée… au top !

Au détour d’un virage à droite, nous rejoignons le parcours du 47km et un concurrent me dépasse à vive allure… Un grand bravo à eux, il était juste impressionnant ! Une autre surprise, j’aperçois à 100m devant un maillot du club. Celui de mon collègue d’entrainement Stéphane que je semble rattraper peu à peu. Il est bien meilleur que moi avec de jolis temps références sur différentes distances… je me dis que pour le moment je fais une belle course…

 

Nous arrivons au second ravitaillement à Chapelle des Buis. Là encore des sourires, un petit mot gentil de la personne remplissant mon gobelet, des spectateurs chauds comme des baraques à frites !

Petite parenthèse, quand je suis arrivée, les bénévoles étaient afférer comme des abeilles pour reconstituer les stocks. D’après le récit de certains d’entre eux, notre amie Caroline alors 3ème féminine et gourmande devant l’éternelle s’est largement délectées des excellentes victuailles proposées ! Une photo de mon paparazzi de frangin en attestera, elle passera devant lui avec de la bouffe plein les joues tel un hamster et peut être même dans les poches…

Pour ma part un petit verre d’eau et je repars. Je ne sais pas où est Stéphane mais je reste dans ma course. Un virage à gauche et revoilà mon frère qui me pousse à nouveau. Il reste une dizaine de km. On sort de Chapelle des Buis par une longue cote sur le bitume en plein soleil. Il commence à vrai faire mal et la chaleur devient difficile à supporter… Vivement qu’on retourne dans le bois. Au sommet de la bosse un virage en épingle à cheveux pour rentrer sur un nouveau single et du monde partout.

J’opère la jonction avec une femme du nom de Claire que tout le monde encourage chaleureusement. Elle occupe pour l’instant la 7eme place chez les féminines. Un petit coucou pour remercier et on commence à descendre fort.

Elle est très grande et a une foulée impressionnante. D’une efficacité terrible dans les côtes et très bonne descendeuse. Nous passons le second point de contrôle. Je le saurai après la course mais je suis maintenant 173ème soit 100 places de gagnées depuis le belvédère. Nous plongeons dans une descente très pentue où il est très compliqué de doubler. Un autre avion du 47km passe à côté de nous… Enorme. Nous atteignons le bas et repiquons tout de suite à gauche pour remonter.

 

Je viens de faire connaissance avec la cote de MAUR… Et croyez-moi elle porte bien son nom… Elle n’est pas très longue… A peine 600m ou 700m. Le petit détail c’est que nous allons reprendre 140m de dénivelé positif dans les dents… Les jambes et la tête qui allaient bien jusque-là ne s’attendaient pas à ça. On monte en marchant sur un single avec des épingles et ça pique vraiment. C’est le tournant de ma course. Pour la première fois depuis le départ, je suis dans le dur… Le cœur monte, les cuisses brulent et la fatigue commence à faire des dégâts.

 Pour oublier la douleur, je pense à ma chérie,  à ma petite Léonie qui à la question « il est ou papa ? » répond automatiquement du haut de ses 22 mois « y court », aux encouragements de mon frangin Antoine qui seraient surement en train de me crier dessus pour me faire avancer, à ma petite sœur de course Alice qui saurait en un regard me remotiver… Comme le dit le sage… C’est au pied du mur… Qu’on voit mieux le mur… Ben là je le vois bien… Comme le dit le poète Vincent Moscato, j’ai la tête de veau dans la luzerne…

 

Claire derrière moi dans la descente monte à grandes enjambées, je la laisse passer pour ne pas la ralentir… Impressionnante. J’ai follement envie de la suivre car nous courrons au même rythme mais je décide de ne pas me mettre hors limite, de me ravitailler et de monter comme je peux. L’arrivée est encore loin…

 Arrivée en haut, elle est déjà lancée dans la descente comme un frelon dans une magnifique foret de sapin. Je parviens à relancer à un bon rythme dans la descente. Pendant que nous cheminons sous les épineux, j’entends un coucou chanter… Un autre petit bonheur …

 

La fin approche, Claire dépose la 6ème femme dans la descente et au gré d’une jolie bosse sur une route bitumée, elle se met à marcher et je parviens à la rejoindre. Je monte en courant tout va bien et ensemble nous remontons plusieurs concurrents qui souffrent eux aussi. Puis après un dernier pasage dans le bois, nous nous jetons dans la descente vers le pied de la citadelle. Nous entendons les rythmes de musique africaine du groupe situé au milieu de la dernière bosse. A cet instant je remonte un concurrent qui m’annonce qu’il sera difficile d’arriver sous les 3h…

C’était mon objectif au départ, je suis fatigué mais pas question de lâcher maintenant. Pas moyen de rendre les armes maintenant. Je n’ai même pas regardé ma montre pour savoir où j’en étais, et je décide d’envoyer les forces qui me restent dans la descente.

J’adopte le style qui me caractérise : celui du sanglier. Oublié la finesse, la technique et la grâce… Place au massif et au bourinage. J’ai déjà entendu des traileur dire qu’ils ont fait le "trou" dans la descente. Moi je pense que je fais DES trous au sens propre avec mes appuis "massifs" ^^. Je roule sur les cailloux, me raccroche aux branches, un coureur se met sur le côté quand il m’entend arriver. Vive le bucheronnage et l'option "agricole" qui sont ma fois peu académiques mais efficaces à ce stade…

 

 Le parcours bifurque pour un énième coup de cul casse pattes en plein soleil… Celui-là il fait mal aux ridelles… Les cuisses commencent à sentir le chaud sévèrement… J’entends Claire juste devant moi demander de l’eau. Je n’ai qu’un camelback je ne peux pas l’aider, un autre concurrent avec qui nous courrons depuis plusieurs km lui donne gentiment de l’eau. Je les dépasse et je ne reverrai pas ma comparse jusqu’à l’arrivée.

 Une nouvelle descente pleine de marche où il faut être vigilant et nous voici au pied de la cote de la citadelle, en plein soleil, la chaleur est vraiment terrible. Cette cote me fait peur depuis le départ … On met le petit braquet mais ça monte pas si mal que ça en courant, une épingle, du public du haut en bas, et nous voici à l’entrée du zoo.

Nous pénétrons enfin dans la citadelle. La relance est plus que difficile, nous entrons dans la cour avec des signaleurs supers sympas pour nous aiguiller et c’est la dernière descente. Nous traversons les différentes enceintes devant les touristes en visite nous regardant passer et nous encourageant. Nous descendons les escaliers et j’en profite pour doubler quelques concurrents supplémentaires.

 

Ca sent l’écurie !!! Les poneys sont lâchés (à ce stade je ne parle plus de chevaux…) Nous voici de retour au centre-ville encore quelques centaines de mètres mais les marches m’ont fait très mal… Difficile de repartir malgré le public qui nous pousse encore et toujours… On repasse sur la passerelle au-dessus du Doubs,  on longe la rivière et on aperçoit au loin cette foutue aire d’arrivée. Le public nous fait une véritable haie d’honneur et on se fait mal encore quelques instants. 200m avant la fin je vois les copains du club Matthieu et sa femme Agnès, Ricou et Valérie qui en ont terminé avec le 19km et sont restés pour nous attendre… Merci les copains…

 

Dernier virage à gauche, je sors ma petite bande de Strap avec un message de remerciement pour Antoine CETRE mon « GRAND GRAND GRAND frère » du jour. Le chrono s’arrête sur 2h49.52 ! Je suis aux anges et comme à mon habitude laisse couler quelques larmes… Quel pied…

Je suis fracassé, mais heureux… Je ne saurai sans doute jamais ce que c’est de gagner une course… Mais la joie que j’éprouve est, j’en suis sûr, au moins aussi forte que celle qu’a du éprouver le vainqueur. Je ne me bats que contre moi-même et aujourd’hui pour mon frangin. J’ai tout donné, je me suis fait mal à l’entrainement et sur la course… Au risque de passer pour un prétentieux et ben je suis fier de moi. Je l’ai fait, je suis allé au bout, j’ai dominé MA course, je n’ai pas subi… Je suis heureux tout simplement… Il y a 3 ans, je pesais plus de 100kg et je ne pouvais plus courir. Alors franchement je savoure.

 

Claire arrivera 1 minute après moi… Un grand bravo et merci à elle pour ce beau moment partagé sur les sentiers. Je voulais aussi tirer un grand coup de chapeau à Pascale Roche qui mettra 5h32 à boucler le parcours. C’est elle la plus FORTE qui a passé le plus de temps en course. BRAVO !

 

Les amis dolois ont assuré Franck et Fabrice sur le 19km (malgré une douleur handicapante), Valérie, Agnès et Eric. Gilles 30eme au scratch et 1er V2 sur le 28km, David qui a super bien fini et qui termine 4min devant moi et Stéphane qui arrivera quelques minutes après moi au terme d’un gros effort!

Mention spéciale à mon compagnon d’infortune Nico qui s’est battu pour terminer proche des 3h ! Chapeau l’artiste et énorme mental !

 

On récupère le teeshirt finisher, petit passage au ravitaillement qui est gargantuesque. Comté, saucisson, cancoillotte délicieuse, fruits, gâteaux, bonbons… Visiblement Caroline n’a pas trop fait de dégâts à l’arrivée…^^

Je retrouve mon frère,  et les membres du Team Trail Intersport qui débriefent ensemble. Des mecs et des nanas en or, d’une gentillesse rare, la grosse tête ils ne connaissent pas… Grosse pensée pour l’ami Franck qui n’est pas encore arrivée et qui se battra jusqu’au bout pour terminer son 47km malgré une défaillance…

 

Concernant l’organisation… Juste parfait... At the littel oignon !!! Un trail organisé par des traileurs ça fait vraiment du bien. Un parcours du 28km magnifique, des supers ravitos, un balisage sans fausse note, des bénévoles aussi heureux que nous, une collation d’après course bien fournie… On dit que la perfection n’existe pas mais là on en est pas loin… C’est chiant je trouve rien à redire… La bière est bonne, les saucisses bien cuites…

Ah je suis sûr qu’à la douche je vais trouver un point à améliorer. Manque de chance pas d’attente, de l’eau chaude… Ah si !!! J’ai trouvé mais il a fallu chercher mais le diable se cache dans les détails !!! L’année prochaine ne proposez pas du PEPSI sans sucre à l’arrivée… Quand on arrive limite en hypo ça ne sert pas à grand-chose^^. Chers amis vous avez fait un boulot magnifique… Alors juste un grand MERCI.

 

L’année prochaine, je serai à nouveau de retour, mais cette fois, avec mon frère et on finira ensemble main dans la main ! Ça sera à moi de lui servir de Sherpa et de reprendre mon rôle de grand frère ! Sans lui ça n’aurait pas été pareil aujourd’hui…

 

Une superbe page se tourne sur ce début de saison qui m’a vu découvrir le TRAIL… Je crois que j’ai chopé le virus. Mon prochain objectif sera la montée du Poupet dans 15 jours sur mes terres salinoises.

 

Pour finir un grand merci à ma future femme Florine et à ma fille de me laisser m’adonner à ma passion même si je dois parfois m’absenter en course ou pour l’entrainement. Elles sont elles aussi mon moteur…

 

Merci pour tout frangin et à l’année prochaine !

 

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